Rencontrez un habitant de l’archipel et découvrez l’histoire de Saint-Pierre-et-Miquelon à travers des cartes, des récits et des documents historiques. Profitez d’un café ou d’une boisson pour explorer le passé des îles et obtenir des réponses à toutes vos questions.
Retrouvez votre guide autour d’un café ou d’un verre et plongez dans l’histoire de l’archipel grâce à des reproductions de cartes anciennes, des anecdotes et une présentation chronologique de l’évolution des îles. Vous pourrez poser toutes vos questions et découvrir de nouvelles pistes de recherche selon vos centres d’intérêt.
Nous aborderons les voyages de Jean Cabot ainsi que ceux des explorateurs portugais et espagnols qui cartographièrent les îles sous différents noms. En 1536, Jacques Cartier fit la première mention écrite de Saint-Pierre, déjà bien connue des pêcheurs européens attirés par l’abondance des bancs de morue. À la fin du XVIIe siècle, Saint-Pierre était devenue une base saisonnière pour les pêcheurs de Saint-Malo et de Granville, tandis que les Basques de Saint-Jean-de-Luz fréquentaient Miquelon. Chaque été, des centaines de marins venaient sécher et préparer la morue sur les grèves, formant une communauté dynamique vivant au rythme de la mer.
Vous découvrirez également les nombreux défis auxquels les habitants furent confrontés : les raids anglais, les hivers rigoureux et les conflits récurrents liés aux droits de pêche. Le traité d’Utrecht de 1713 força la France à abandonner Terre-Neuve, et Saint-Pierre devint brièvement un établissement britannique. Cinquante ans plus tard, le traité de Paris de 1763 restitua les îles à la France afin de servir de refuge aux pêcheurs français. Toutefois, durant la guerre d’Indépendance américaine, les forces britanniques détruisirent une nouvelle fois les établissements de l’archipel. Le traité de Versailles de 1783 rendit les îles à la France, mais la Révolution française et les guerres qui suivirent plongèrent le pays dans l’instabilité. En 1793, une nouvelle invasion britannique entraîna la déportation de la population et la destruction de Saint-Pierre.
Les îles ne furent définitivement rendues à la France qu’après la chute finale de Napoléon en 1815, les habitants revenant s’y installer dès l’année suivante. Tout au long du XIXe siècle, Saint-Pierre devint un port prospère et l’une des plus importantes bases de pêche françaises. Les échanges commerciaux se développèrent avec la France, l’Espagne et les États-Unis. Cependant, les tensions avec Terre-Neuve au sujet des droits de pêche demeurèrent fréquentes et alimentèrent des conflits politiques et économiques pendant plus d’un siècle. À l’aube du XXe siècle, les droits de douane et plusieurs mauvaises saisons de pêche fragilisèrent l’économie locale.
Puis, durant la prohibition américaine de 1919 à 1933, l’archipel connut une prospérité exceptionnelle. Saint-Pierre servit d’entrepôt aux contrebandiers qui approvisionnaient clandestinement les États-Unis en alcool. Ces « années de la prohibition » apportèrent une richesse sans précédent, jusqu’à l’abrogation de l’interdiction, qui provoqua un nouvel effondrement économique.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’archipel passa brièvement sous l’autorité du régime de Vichy avant d’être libéré par les Forces navales françaises libres en 1941, une victoire symbolique pour le général de Gaulle. Après la guerre, la pêche fut modernisée, mais les différends avec le Canada concernant les limites maritimes persistèrent. En 1992, un tribunal international accorda à la France une zone économique exclusive réduite ainsi qu’un étroit corridor maritime.